Dépôt du texte
1ère lecture
Troisième séance du jeudi 9 avril 2026
Discussion de la proposition de loi visant à prévenir l’utilisation de contrats d’énergie pour légitimer des occupations illicites
Visant à prévenir l’utilisation de contrats d’énergie pour légitimer des occupations illicites
Article 1er
Article 1er bis (nouveau)
L’article L. 112‑2 du code des assurances est ainsi modifié :
Article 1er ter (nouveau)
« La présentation par le consommateur, en application du premier alinéa, d’une fausse identité ou de faux documents de nature à justifier de son droit à occuper le logement constitue un usage de faux au sens de l’article 441‑1 du code pénal.
Article 1er quater (nouveau)
Après le premier alinéa de l’article L. 2224‑12 du code général des collectivités territoriales, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« L’exploitant ne peut conclure de contrat de fourniture d’eau avec un abonné que si celui‑ci justifie d’un titre d’occupation du logement concerné, selon les modalités prévues par le décret mentionné à l’article L. 224‑8‑1 du code de la consommation. La présentation par l’abonné d’une fausse identité ou de faux documents de nature à justifier de son droit à occuper le logement constitue un usage de faux au sens de l’article 441‑1 du code pénal. »
Article 1er quinquies (nouveau)
L’article 38 de la loi n° 2007‑290 du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable est complété par un alinéa ainsi rédigé :
Article 2
I. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
II. – La charge pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
III. – La perte de recettes pour les collectivités territoriales est compensée à due concurrence par la majoration de la dotation globale de fonctionnement et, corrélativement pour l’État, par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
IV. – La charge pour les collectivités territoriales est compensée à due concurrence par la majoration de la dotation globale de fonctionnement et, corrélativement pour l’État, par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
V. – La perte de recettes pour les organismes de sécurité sociale est compensée à due concurrence par la majoration de l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
VI. – La charge pour les organismes de sécurité sociale est compensée à due concurrence par la majoration de l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services
Le présent amendement des députés Socialistes et apparenté vise à supprimer cet
article qui, sans apporter de garanties nouvelles permettant de lutter contre
les occupations illicites de logements, crée une charge administrative
importante pour les fournisseurs d’énergie et complexifie les démarches pour les
usagers.
Par construction, le présent article ne vise pas principalement les personnes
qui se retrouveraient sans droit ni titre, du fait d’une cessation de paiement
du loyer par exemple, après avoir occupé régulièrement le logement. En effet,
ces personnes auront en toute hypothèse contracté avec un fournisseur d’énergie
au moment de l’entrée dans les lieux alors qu’ils occupaient encore
régulièrement ce logement. Il peut s’appliquer à eux dans cette seconde phase
puisque l’article donne la possibilité au propriétaire ou au titulaire du droit
d’usage de demander au fournisseur la suspension du contrat.
Cet article viserait donc d’abord les personnes qui entreraient par effraction
dans un logement et tenteraient de s’y maintenir en mobilisant de faux
justificatifs quant à leur droit d’occupation. Il y aurait eu autour de 6000 à
7000 cas d’occupations illicites de locaux en 2023 parmi lesquels une part
substantielle concerne des locaux autres que d’habitation et, s’agissant des
seuls logements, la majorité concerne des locataires qui disposaient
initialement d’un droit d’occupation. Les squats de logement au sens de cet
article représentent donc une infime portion de ces cas, probablement moins d’un
millier par an, à comparer aux 13 millions de baux locatifs signés chaque année
en France. Il existe ainsi une probabilité plus forte pour un propriétaire
bailleur que son logement subisse un incendie domestique qu’une situation de
squat.
Alors que le groupe Horizon se présente comme le parti de la simplification et
de la réduction de la bureaucratie, l’idée selon laquelle des millions de nos
concitoyens devront désormais fournir des justificatifs à des fournisseurs
d’énergie qui devront pour leur part recruter des agents pour traiter de cette
charge administrative nouvelle apparaît absurde.
D’autant qu’il est évident que ces fournisseurs répercuteront cette charge de
gestion sur la facture acquittée par les consommateurs. Elle aura également pour
effet de ralentir les procédures là où celles-ci sont aujourd’hui largement
dématérialisées et automatisées.
Elle peut générer aussi des difficultés pour les occupants de bonne foi. Un
propriétaire ne dispose d’un droit d’occupation sur le logement qu’à compter du
jour de la vente et donc en théorie d’entrée dans les lieux. Il pourrait ne pas
être en capacité d’anticiper son arrivée et donc dans l’impossibilité de
disposer du gaz ou de l’électricité au jour de son entrée dans les lieux. De la
même manière, un locataire peut ne disposer de son bail signé que très peu de
temps avant voir le jour de son état des lieux. Pour les agents publics
disposant de logements de fonction pour nécessité de services, les conventions
d’occupation peuvent parfois même n’être transmises qu’après la date d’entrée
dans les lieux du fait du temps administratif. Les cas de figure sont multiples
et ce sont ainsi des dizaines voire des centaines de milliers de personnes de
bonne foi qui se retrouveraient pénalisés pour une usine à gaz qui ne vise que
quelques centaines de personnes. Aucun chiffre d’ailleurs n’a été fourni par le
rapporteur.
Enfin, la nature même des documents à fournir n’apporte aucune garantie contre
les faux que pourraient fournir des fraudeurs ce qui prive d’ailleurs
d’effectivité la mesure. En effet, les baux locatifs sont des contrats entre
personnes privées dans la grande majorité des cas et il faudrait donc pour
assurer un contrôle non seulement vérifier l’existence d’un bail mais également
vérifier que le bailleur a bien lui-même un droit sur le logement. Il y aurait
là alors un niveau supérieur de complexité de nature même à désinciter les
bailleurs.
Ainsi cette disposition mal pensée et mal construite vise des situations qui,
pour peu qu’elles existent réellement, se retrouvent en nombre epsilonesque,
sera aisément contournable par des personnes de mauvaise fois mais entraînera
des complications, une surcharge de gestion et des coûts pour des millions de
Français chaque année et pour les fournisseurs d’énergie.
Il y a donc lieu de supprimer cet article. Amendements identiques (3)Le présent article s'inscrit dans une logique de pénalisation des situations de
précarité. En empêchant l’accès à l’énergie des occupants sans titre, il ne
règle en rien les causes de ces occupations (crise du logement, insuffisance de
l’offre accessible, défaillances des politiques publiques) mais aggrave en
revanche les conditions de vie de personnes déjà vulnérables en les privant de
conditions de vie dignes. Par ailleurs, la distinction entre occupant « de bonne
foi » et occupant sans titre sera difficile à établir pour les fournisseurs. Ils
ne sont en effet ni formés ni surtout légitimes à exercer une fonction de
vérification des droits d’occupation, qui relèvent de l’autorité administrative
ou judiciaire. Nous demandons en conséquence la suppression de cet article. Par cet amendement, le groupe LFI souhaite supprimer l'article 1er de cette
proposition de loi qui vise à conditionner la souscription d'un contrat de
fourniture d'électricité ou de gaz naturel à la présentation d’un titre
d’occupation légitime du logement concerné.
Cet article dans la droite lignée de la loi Kasbarian-Bergé représente une
attaque inacceptable au droit fondamental d’accès à l’électricité ou au gaz.
L'électricité est d'ailleurs définie à l'article L. 121-1 du code de l'énergie
comme un “produit de première nécessité”. En privé des personnes avant même
toute décision de justice revient à organiser délibérément des conditions de vie
indignes : absence de chauffage en hiver, impossibilité de réfrigérer des
aliments ou des médicaments, privation de lumière. Cette logique de rendre un
lieu physiquement inhabitable pour contraindre ses occupants quel que soit son
statut d'occupation à le quitter est inhumain.
Par ailleurs, l'objectif affiché de cet article de prévenir l'utilisation des
contrats d'énergie à des fins de domiciliation est soit inopérant soit
hypocrites. D'autres justificatifs permettent d'établir une domiciliation comme
des factures de téléphone, de fournisseur d'accès internet ou d'eau, notamment.
Donc soit cette proposition de loi est purement inutile soit elle est la préface
de prochaines attaques : demain la macronie nous expliquera qu’il faut à tout
prix empêcher l’accès à l’eau pour des personnes qui n’aurait pas de titre
d’occupation légitime quand bien cela peut-être des familles victimes de
marchands de sommeil et autres bailleurs frauduleux.
Tout cela alors que le phénomène de “squat” est marginal : entre janvier et mai
2021, seules 124 demandes de procédures pour occupation illicite ont été
transmises aux préfets, selon les données collectées par l'Observatoire des
squats créé par le ministère du Logement. Les rares occupations illicites de
domiciles personnels faisaient déjà l'objet, depuis la loi DALO de 2007, de
procédures d'évacuation administrative rapides.
Alors que la scélérate loi Kasbarian-Bergé a, en 2023 déjà étendu les sanctions
pénales à l'encontre des personnes en situation de grande précarité, cette
proposition de loi constitue un nouveau recul dans la protection des personnes
mal logées. En 2025, 4,1 millions de personnes étaient en situation de
mal-logement, 350 000 n'avaient pas de domicile, et 912 personnes sont mortes de
la rue en 2024. C'est à cette réalité que nous devrions apporter des réponses,
non à un phénomène marginal instrumentalisé à des fins idéologiques.
Pour toutes ces raisons, nous demandons la suppression de cet article. Le groupe Écologiste et social s’oppose à cet article qui vient ajouter une
nouvelle contrainte administrative superflue pour les fournisseurs d’énergie et
les clients souhaitant souscrire un contrat d’énergie.
Plus largement, le groupe Écologiste et social s’oppose à cette proposition de
loi qui porte atteinte à l’accès à un bien de première nécessité en
conditionnant l’accès à l’électricité et fait peser sur les fournisseurs un rôle
de contrôle du droit d’occupation qui ne relève pas de leurs missions. Il
entretient par ailleurs l’idée fausse d’un phénomène massif de squat, alimentant
une inquiétude infondée chez les propriétaires. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Le droit de propriété, principe à valeur constitutionnelle, impose de traiter
avec efficacité les situations d’occupation de logement illicite, qui peuvent
avoir des conséquences lourdes pour les propriétaires.
Toutefois, le dispositif proposé appelle une appréciation au regard de sa
proportionnalité. Le squat, au sens strict, demeure un phénomène
quantitativement limité, avec quelques centaines de cas recensés chaque année. À
l’inverse, le mécanisme envisagé concernerait l’ensemble des usagers, soit plus
de 6 millions de contrats par an en ce qui concerne l'énergie.
Sa mise en œuvre soulève en outre des difficultés opérationnelles importantes.
En reposant sur une obligation de collecte, de vérification et de traitement des
justificatifs par les fournisseurs, dans le respect des exigences en matière de
protection des données, il est susceptible d’engendrer des coûts significatifs,
répercutés sur les consommateurs. Il risque également de retarder l’accès à un
service essentiel pour des occupants de bonne foi dans des situations
difficilement documentables à court terme (séparation, succession, etc.).
Cet amendement propose de plutôt préciser que la conclusion d’un contrat ne
constitue pas, à elle seule, une preuve du droit d’occupation du logement et ne
fait pas obstacle à la mise en œuvre des procédures prévues en cas d’occupation
sans droit ni titre.
Cette clarification sécurise les propriétaires sans introduire de contraintes
nouvelles pour l’ensemble des usagers et des fournisseurs ni complexifier le
fonctionnement d’un service essentiel. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Cet amendement vise à proscrire l’utilisation des contrats de location
saisonnière pour la conclusion d’un contrat d’énergie.
L’objectif est de mieux lutter contre les contournements de la loi liés à la
location meublée touristique, lorsque des locataires mal intentionnés réservent
un logement en vue de l’occuper illégalement à l’issue de la période prévue lors
de la réservation. Le fléau des occupations illicites ne se limite pas aux
squats, c’est-à-dire à l’introduction dans un domicile à l’aide de manœuvres,
menaces, voies de fait ou contrainte, mais frappe également la location meublée
touristique, via les plateformes de réservation en ligne de type Airbnb.
Il est complémentaire de l’article 8 de la proposition de loi dite CHOC
(Conforter l’habitat, l’offre de logements et la construction) adoptée au Sénat
en première lecture et qui vise à étendre le périmètre de la procédure
d’évacuation forcée prévue par l’article 38 de la loi DALO aux meublés de
tourisme. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Cet amendement vise à permettre l’information du propriétaire, lorsque celui-ci
est identifié, de la conclusion d’un contrat de fourniture d’électricité ou de
gaz naturel pour son logement.
Dans de nombreuses situations d’occupation illicite, les propriétaires
découvrent tardivement qu’un contrat d’énergie a été souscrit pour leur bien, ce
qui retarde la détection de l’occupation sans droit ni titre et complique
l’engagement des démarches nécessaires pour y mettre fin.
En permettant une information précoce du propriétaire, le présent dispositif
contribue à une identification plus rapide de ces situations et à une réaction
plus efficace.
Un renvoi au décret en Conseil d’État permet d’encadrer ce dispositif, notamment
au regard du respect des règles relatives à la protection des données
personnelles.æ | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Le présent amendement vise à couvrir l’ensemble des situations d’occupation sans
droit ni titre, qu’il s’agisse d’une absence initiale de titre ou de la perte
ultérieure de celui-ci.Il instaure un délai de trois mois permettant au
titulaire du contrat de régulariser sa situation, sans interruption immédiate de
la fourniture d’énergie. À défaut de régularisation, le contrat est résilié et
la fourniture interrompue, afin d’éviter que les contrats d’énergie ne soient
utilisés pour se maintenir illicitement dans un logement. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Le présent amendement vise à étendre le dispositif aux situations dans
lesquelles les fluides sont compris dans les charges locatives. Il permet au
propriétaire de signaler simplement la perte du titre d’occupation, afin de
mettre fin à une situation d’occupation sans droit ni titre, sans créer de
charge excessive pour les gestionnaires. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite supprimer l'alinéa 3 de l'article
1er, qui permet au propriétaire de demander de couper l'accès à l'énergie d'un
locataire au fournisseur.
Résultat d'un amendement UDR voté en commission avec le soutien de la macronie,
cette mesure est inacceptable.
D'une part, le fournisseur ne dispose d’aucun pouvoir d'appréciation, il devra
donc couper l’accès à l’énergie sur la base du simple bon vouloir du
propriétaire.
D'autre part, un dépôt de plainte n’établit pas une réalité de l’infraction. Si
l’article venait à rester sous cette forme, il doterait les propriétaires d’un
pouvoir incommensurable alors que depuis la loi Kasbarian, le rapport de force
est déjà disproportionné en faveur des propriétaires.
En effet, un dépôt de plainte est un acte unilatéral : n'importe quel
propriétaire peut en déposer un contre un locataire avec lequel il est en litige
pour l'expulser sans passer par le juge. Ce texte ouvre une voie détournée pour
contourner la procédure judiciaire d'expulsion, au détriment de locataires qui
ont des droits.
Quant à l’utilisation des termes “présentation d’une décision administrative ou
judiciaire”, ils relèvent d’un flou total qui ne peut pas seulement être renvoyé
à un décret. Cela laisse la porte ouverte pour que cette loi s’applique donc
également aux ménages en situation d’impayés !
Enfin, pour rappel, être privé d'énergie est la forme la plus grave de précarité
énergétique et l'énergie est considérée dans la loi comme un bien de première
nécessité. Cet amendement est donc une attaque grave au droit au logement digne. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Cet amendement dispose expressément que la présentation d'un faux titre
d'occupation pour la souscription d'un contrat d'énergie constitue un usage de
faux au sens du code pénal, c'est-à-dire un délit. Il permet donc au
propriétaire de porter plainte pour souscription frauduleuse d'un contrat
d'énergie, et non seulement pour occupation illicite.
Cette disposition, déjà intégrée aux articles suivants pour des autres contrats
constituant des justificatifs de domicile (eau, internet, assurance
habitation), complète la procédure introduite en commission (article 1er
quinquies) qui permet au préfet d'ordonner la coupure de l'alimentation en
énergie auprès du gestionnaire de réseau (Enedis / GRDF) en cas de squat.
Ces dispositions remplacent la procédure moins efficace de l'alinéa 3 de
l'article 1er, qui prévoit seulement la suspension du contrat d'énergie, sans
empêcher le squatteur de souscrire immédiatement un nouveau contrat auprès d'un
autre fournisseur.
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Cet amendement dispose expressément que la présentation d'un faux titre
d'occupation pour la souscription d'un contrat d'énergie constitue un usage de
faux au sens du code pénal, c'est-à-dire un délit. Il permet donc au
propriétaire de porter plainte pour souscription frauduleuse d'un contrat
d'énergie, et non seulement pour occupation illicite.
Cette disposition, déjà intégrée aux articles suivants pour des autres contrats
constituant des justificatifs de domicile (eau, internet, assurance
habitation), complète la procédure introduite en commission (article 1er
quinquies) qui permet au préfet d'ordonner la coupure de l'alimentation en
énergie auprès du gestionnaire de réseau (Enedis / GRDF) en cas de squat.
Ces dispositions remplacent la procédure moins efficace de l'alinéa 3 de
l'article 1er, qui prévoit seulement la suspension du contrat d'énergie, sans
empêcher le squatteur de souscrire immédiatement un nouveau contrat auprès d'un
autre fournisseur. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Le présent amendement des députés Socialistes et apparentés vise à supprimer cet
article qui semble vouloir lutter contre des situations où une personne
assurerait un bien sur lequel il n’aurait aucun droit.
On peut tout de même s’interroger sur l’existence de personnes qui, tout en
occupant un logement de manière illicite, potentiellement en étant entré par une
effraction entraînant des dégâts matériels, prendraient soin de souscrire à une
police d’assurance habitation pour le bien qu’ils occupent. D’autant plus que
les obligations déclaratives pour une telle assurance sont nettement plus
lourdes que pour un contrat de fourniture d’énergie et que le paiement de cette
assurance intervient toujours à l’ouverture des droits.
Là encore on se demande bien quelles situations réelles une telle mesure
permettrait de traiter alors même qu’elle engendrera pour des millions d’autres
clients, des lourdeurs administratives supplémentaires et inutiles. Quant à la
seule justification de l’identité. Elle est déjà une pièce justificative que les
souscripteurs doivent fournir. Amendements identiques (2)Par cet amendement, le groupe LFI souhaite supprimer l'article 1bis de cette
proposition de loi qui vise à conditionner la souscription d'un contrat
d'assurance habitation à la présentation d’un titre d’occupation légitime du
logement concerné et de son identité.
Comme pour les autres articles, alors que tous les groupes parlementaires de la
macronie jusqu'au RN passent leur temps à tout vouloir "simplifier", les voilà
qui souhaitent complexifier pour les consommateurs comme pour les fournisseurs
la souscription de contrats qu’ils soient d’énergie ou autres.
En effet, l’ensemble de cette proposition de loi va créer une complexité
excessive. Les compagnies d'énergie, d’eau, d’assurance habitation et d’internet
vont devoir maintenant se lancer dans des services de contrôles d'identité et de
titre d’occupation.
Pourtant nous n'avons aucune donnée sur le nombre de cas qui seraient réellement
concernés par cette proposition de loi et il est impossible de démontrer qu'elle
répond à une réelle problématique.
Le seul chiffre que le rapporteur était capable de mobiliser est celui de 150
000 fraudes estimées chaque année par Enedis, mais ce chiffre recouvre un
ensemble de réalités différentes qui ne correspondent pas spécifiquement au
sujet de cette proposition de loi.
Avec la macronie, on découvre ainsi le squatteur de Schrödinger : Celui qui
dévaste et saccage votre logement tout en étant suffisamment consciencieux pour
souscrire à une assurance habitation. Le groupe Ecologiste et social s’oppose à cet article qui introduit une nouvelle
contrainte administrative injustifiée dans le cadre de la souscription d’un
contrat d’assurance habitation.
En imposant à l’assuré de justifier de son identité et de son droit à occuper le
logement, cette disposition transfère aux assureurs une mission de contrôle qui
ne relève pas de leurs compétences. Elle complexifie inutilement l’accès à
l’assurance habitation, pourtant essentielle à la sécurisation des parcours
résidentiels, en particulier pour les publics les plus précaires.
Plus largement, cette mesure s’inscrit dans une logique de suspicion généralisée
à l’égard des occupants, en lien avec une perception exagérée du phénomène de
squat, et contribue à fragiliser l’accès à des droits fondamentaux liés au
logement.
Pour ces raisons, il est proposé de supprimer cet article. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||