Sénat
Proposition de loi
Procédure accélérée
Proposition de loi visant à assouplir les contraintes à l'usage de dispositifs de lecture automatisée de plaques d'immatriculation et à sécuriser l'action des forces de l'ordre
1ère lecture en séance publique
Commissions
Dates
Dépôt:Mercredi 22 octobre 2025
Dernière activité:Mercredi 17 décembre 2025
Parlementaires investis
Principaux participants
Christophe-André Frassa
SN
|
Les Républicains
Pierre Jean Rochette
SN
|
Les Indépendants
Dany Wattebled
SN
|
Les Indépendants
Isabelle Florennes
SN
|
UC
Pierre Médevielle
SN
|
Les Indépendants
Vanina Paoli-Gagin
SN
|
Les Indépendants
Pierre-Jean Verzelen
Alain Marc
SN
|
Les Indépendants
17ème législature
Dépôt du texte
Sénat
October 22, 2025
1ère lecture
Sénat
October 22, 2025
Texte adopté
1ère lecture
Assemblée
December 17, 2025
En cours
Examen en commission
AN · Commission des lois
Exposé des motifs
Mesdames, Messieurs,
Les dispositifs LAPI désignent l'ensemble des algorithmes permettant la lecture automatisée d'une plaque d'immatriculation. Fixes ou mobiles, ces dispositifs sont notamment utilisés à des fins de prévention et de répression des infractions par les douanes, la police nationale et la gendarmerie nationale.
Instruments de lutte contre la criminalité organisée, les dispositifs LAPI permettent une meilleure prise en compte des flux de circulation routière, vecteurs principaux de délinquance, et facilitent le travail d'analyse et de recoupement. Leur utilisation réduit également le coût matériel et humain pour les forces de l'ordre en limitant l'engagement direct et les risques y afférant.
Ces dispositifs sont donc particulièrement utiles lorsque la nature de l'infraction nécessite la plus grande réactivité : attaques terroristes, enlèvements d'enfants, tentatives de viols. Parallèlement, ils représentent un outil précieux pour lutter contre la criminalité générant des flux importants tels que le trafic d'êtres humains, les réseaux de passeurs ou le trafic de drogue.
Encadrée depuis une quinzaine d'années et faisant l'objet d'évolutions réglementaires récentes, la technologie LAPI est encore trop limitée dans son usage par les forces de l'ordre, alors même qu'elle représente un potentiel important en matière de protection des biens et des personnes. Parmi les principaux points bloquants on peut notamment citer des délais de conservation des données plus courts que nos voisins européens et une liste exhaustive des infractions permettant le recours aux dispositifs LAPI jugée trop limitée au regard de l'évolution constante des pratiques de la criminalité organisée.
Les remontées du terrain illustrent en effet encore trop souvent une asymétrie entre les moyens des forces de l'ordre et ceux des criminels. En permettant de cibler de manière efficace leurs modes de déplacement, en les traquant dans leurs flux, les technologies LAPI permettent un rééquilibrage significatif en faveur des forces de l'ordre.
Pour leur donner les moyens d'agir efficacement et de se protéger, il semble dès lors indispensable de libérer le potentiel de cette technologie par un assouplissement raisonnable et réaliste de sa réglementation.
L'article 1er élargit le champ des finalités permettant de collecter et d'accéder aux données. Plutôt que de viser une liste exhaustive d'infractions, qui deviendra vite obsolète face à l'évolution galopante des types de criminalité, il prévoit un seuil de gravité au-delà duquel la consultation est autorisée. L'article autorise ainsi l'usage des technologies LAPI pour les crimes ou les délits punis par le code pénal ou le code des douanes d'une peine d'emprisonnement supérieure ou égale à cinq ans. Ce seuil de cinq ans sanctuarise le fait que les technologies LAPI n'ont pas vocation à être utilisées pour de « petites infractions » et donne des garanties face aux craintes de dérives liberticides ou d'usages disproportionnés.
L'article 2 étend le délai maximum de conservation des données collectées. Actuellement, le délai prévu par le code de la sécurité intérieure est de quinze jours et d'un mois en cas de rapprochement positif. L'article prévoit de porter ce délai à un mois et deux mois en cas de rapprochement positif. L'allongement du délai permet un alignement sur la réalité du terrain avec, pour les infractions ciblées par ce texte, des enquêtes pouvant durer plusieurs mois voire plusieurs années. Un délai de conservation des données court est utile dans le cadre d'enquête de courte durée. Les enquêtes de long cours nécessitent elles des délais plus longs pour que la technologie LAPI puisse être exploitée à son plein potentiel.
L'article 3 généralise l'intégration de dispositifs LAPI sur les nouveaux systèmes de vidéoprotection à partir du 1er janvier 2028. Cette généralisation ne concernera que le renouvellement du matériel vétuste.
L'article 4 prévoit les gages financiers.
Agenda et compte-rendus

Aucune réunion prévue pour le moment
Texte
Proposition de loi visant à assouplir les contraintes à l’usage de dispositifs de lecture automatisée de plaques d’immatriculation et à sécuriser l’action des forces de l’ordre
Article 1er
1
L’article L. 233‑1 du code de la sécurité intérieure est ainsi rédigé :
2
« Art. L. 233‑1. – I. – Les services de police et de gendarmerie nationales et des douanes peuvent mettre en œuvre des dispositifs fixes ou mobiles de contrôle automatisé des données signalétiques des véhicules prenant la photographie de leurs occupants, en tous points appropriés du territoire, en particulier dans les zones frontalières, portuaires ou aéroportuaires ainsi que sur les grands axes de transit national ou international, afin de faciliter la constatation et de permettre le rassemblement des preuves et la recherche des auteurs des infractions suivantes :
3
« 1° Les actes de terrorisme ;
4
5
« 3° Les infractions de vol et de recel de véhicules volés ;
6
« 4° Les infractions de vol aggravé et de recel ;
7
« 5° Les infractions d’évasion réalisées par violence, effraction ou corruption ;
8
« 5° bis (nouveau) Les infractions d’escroquerie ;
9
10
« 6° Les infractions d’aide à l’entrée et au séjour irréguliers prévues et réprimées par les articles L. 823‑1 à L. 823‑3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
11
« 7° Les infractions de contrebande, d’importation ou d’exportation commises en bande organisée, prévues et réprimées par le dernier alinéa de l’article 414 du code des douanes ainsi que la constatation, lorsqu’elles portent sur des fonds provenant de ces mêmes infractions, de la réalisation ou de la tentative de réalisation des opérations financières définies à l’article 415 du même code.
12
« II. – Les dispositifs mentionnés au I peuvent également être mis en œuvre, dans les mêmes conditions, aux fins de prévenir la commission d’actes de terrorisme.
13
« III. – La mise en œuvre de tels dispositifs est également possible par les services de police et de gendarmerie nationales, à titre temporaire, pour la préservation de l’ordre public, à l’occasion d’événements particuliers ou de grands rassemblements de personnes, par décision de l’autorité administrative. »
Article 2
1
L’article L. 233‑2 du code de la sécurité intérieure est ainsi rédigé :
2
« Art. L. 233‑2. – I. – Pour les finalités mentionnées aux articles L. 233‑1 et L. 233‑1‑1, les données à caractère personnel collectées à l’occasion des contrôles mentionnés aux mêmes articles L. 233‑1 et L. 233‑1‑1 peuvent faire l’objet de traitements automatisés mis en œuvre par les services de police et de gendarmerie nationales et les services des douanes et soumis aux dispositions de la loi n° 78‑17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés.
3
« II. – Ces traitements comportent une consultation du traitement automatisé des données relatives aux véhicules volés ou signalés ainsi que du système d’information Schengen. Ces traitements comportent également une consultation du traitement automatisé de données du système d’immatriculation des véhicules, du traitement automatisé du système de contrôle automatisé ainsi que des traitements de données relatives à l’assurance des véhicules.
4
« III. – Les données à caractère personnel collectées par les traitements automatisés mentionnés au I sont conservées pour une durée d’un an à compter de leur enregistrement sans préjudice des nécessités de leur conservation pour les besoins d’une procédure pénale ou douanière.
5
« Peuvent avoir accès aux données ainsi collectées et ayant fait l’objet d’un rapprochement positif avec les traitements mentionnés au II :
6
« 1° Pour les finalités mentionnées aux articles L. 233‑1 et L. 233‑1‑1, les personnels de la police nationale, de la gendarmerie nationale et des douanes, individuellement désignés et dûment habilités, pour une durée maximale d’un mois à compter de leur collecte ;
7
« 2° Après autorisation et sous le contrôle d’un magistrat, pour les besoins exclusifs des enquêtes judiciaires et des instructions portant sur les infractions mentionnées à l’article L. 233‑1, les officiers et agents de police judiciaire de la police nationale et de la gendarmerie nationale ainsi que les agents des douanes investis de missions de police judiciaire, individuellement désignés et dûment habilités, pour une durée maximale d’un an à compter de leur collecte.
8
« IV. – Aux fins de prévenir et de réprimer les actes de terrorisme et de faciliter la constatation des infractions s’y rattachant, les personnels individuellement désignés et dûment habilités des services de police et de gendarmerie nationales spécialement chargés de ces missions peuvent avoir accès à ces traitements. »
Article 3
1
Le chapitre III du titre III du livre II du code de la sécurité intérieure est complété par un article L. 233‑3 ainsi rédigé :
2
« Art. L. 233‑3. – Une convention de mise à disposition des données collectées par les dispositifs de contrôle mentionnés à l’article L. 233‑1 et installés sur les systèmes de vidéoprotection mis en œuvre sur la voie publique peut être conclue entre les autorités publiques compétentes au sens de l’article L. 251‑2 et les services de police et de gendarmerie nationales et des douanes.
3
« Cette convention organise les modalités d’accès des services de police et de gendarmerie nationales et des douanes aux données collectées et identifie les systèmes de vidéoprotection supplémentaires devant être équipés desdits dispositifs. Elle précise également les modalités de financement desdits dispositifs supplémentaires. Elle établit que l’exploitation des données collectées est du ressort exclusif des services de police et de gendarmerie nationales et des douanes.
4
« Les données mises à disposition des services de police et de gendarmerie nationales et des douanes peuvent être utilisées dans les conditions et les limites fixées au présent chapitre.
5
« Un décret en Conseil d’État, pris après avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, fixe les conditions d’application du présent article et détermine les clauses d’une convention type.
6
« Les normes techniques auxquelles se conforment les systèmes de vidéoprotection mentionnés aux premier et deuxième alinéas du présent article sont fixées par un arrêté du ministre de l’intérieur, après avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés. »
Article 3 bis (nouveau)
1
Aux premiers alinéas des articles L. 285‑1, L. 286‑1 et L. 287‑1 du code de la sécurité intérieure, les mots : « n° 2025‑532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic » sont remplacés par les mots : « n° du visant à assouplir les contraintes à l’usage de dispositifs de lecture automatisée de plaques d’immatriculation et à sécuriser l’action des forces de l’ordre ».
Article 4
1
(Supprimé)
Amendements (0)
Groupe
Pierre Jean Rochette
SN
|
Les Indépendants
Commission amngmnt territoire et dvpt durable
Auteur
Marie-Pierre Bessin-Guérin
SN
|
Les Indépendants
Commission des aff. économiques
Co-signataire
Olivier Bitz
SN
|
UC
Commission des lois
Co-signataire
Corinne Bourcier
SN
|
Les Indépendants
Commission des aff. sociales
Co-signataire
Jean-Luc Brault
SN
|
Les Indépendants
Commission des aff. économiques
Co-signataire
Emmanuel Capus
SN
|
Les Indépendants
Commission des finances
Co-signataire
Daniel Chasseing
SN
|
Les Indépendants
Commission des aff. sociales
Co-signataire
Cédric Chevalier
SN
|
Les Indépendants
Commission amngmnt territoire et dvpt durable
Co-signataire
Édouard Courtial
SN
|
UC
Commission des aff. étrangères
Co-signataire
Laure Darcos
SN
|
Les Indépendants
Commission culture, éducation, communication et sport
Co-signataire
Franck Dhersin
SN
|
UC
Commission amngmnt territoire et dvpt durable
Co-signataire
Daniel Fargeot
SN
|
UC
Commission des aff. économiques
Co-signataire
Isabelle Florennes
SN
|
UC
Commission des lois
Co-signataire
Jean-Pierre Grand
SN
|
Les Indépendants
Commission des aff. étrangères
Co-signataire
Marc Laménie
SN
|
Les Indépendants
Commission des finances
Co-signataire
Marie-Claude Lermytte
SN
|
Les Indépendants
Commission des aff. sociales
Co-signataire
Vincent Louault
SN
|
Les Indépendants
Commission des aff. économiques
Co-signataire
Claude Malhuret
SN
|
Les Indépendants
Commission des aff. étrangères
Co-signataire
Alain Marc
SN
|
Les Indépendants
Commission des lois
Co-signataire
Pierre Médevielle
SN
|
Les Indépendants
Commission des aff. étrangères
Co-signataire
Thierry Meignen
SN
|
Les Républicains
Commission des aff. étrangères
Co-signataire
Franck Menonville
SN
|
UC
Commission des aff. économiques
Co-signataire
Vanina Paoli-Gagin
SN
|
Les Indépendants
Commission des finances
Co-signataire
Cyril Pellevat
SN
|
Les Indépendants
Commission amngmnt territoire et dvpt durable
Co-signataire
Sylvie Vermeillet
SN
|
UC
Commission des finances
Co-signataire
Pierre-Jean Verzelen
Non renseignée
Co-signataire
Louis Vogel
SN
|
Les Indépendants
Commission des lois
Co-signataire
Dany Wattebled
SN
|
Les Indépendants
Commission des lois
Co-signataire
Christophe-André Frassa
SN
|
Les Républicains
Commission des lois
Rapporteur
Tous
jj/mm/aaaa
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Tous
Tous
Tous
