Assemblée
Proposition de loi
Mettre en place un programme de soutien à l’innovation thérapeutique contre les cancers, les maladies rares et les maladies orphelines de l’enfant
En cours · 1ère lecture en séance publique
Rapporteur
Commissions
Dates
Dépôt:Mardi 14 octobre 2025
Dernière activité:Mercredi 13 mai 2026
Parlementaires investis
Principaux participants
Marie Récalde
AN
|
SOC
Christine Loir
AN
|
RN
Anaïs Belouassa-Cherifi
AN
|
LFI-NFP
Michel Lauzzana
AN
|
EPR
Sandrine Dogor-Such
AN
|
RN
Théo Bernhardt
AN
|
RN
Benoît Biteau
AN
|
EcoS
Christophe Bentz
AN
|
RN
17ème législature
Dépôt du texte
Assemblée
October 14, 2025
1ère lecture
Assemblée
October 14, 2025
Texte adopté
1ère lecture
Sénat
May 13, 2026
En cours
Examen en commission
SN · Affaires sociales
Exposé des motifs
Mesdames, Messieurs,
En matière de prise en charge des frais de santé, la France fait partie des pays les plus protecteurs au monde. Notre République peut s’enorgueillir d’offrir des soins médicaux à tous ses citoyens, y compris les plus modestes.
Aussi, il est d’autant plus préoccupant qu’un pan entier de notre société, en l’occurrence les enfants atteints de certaines maladies rares ou graves, aient des chances de guérisons faibles voire nulles pour certaines pathologies par manque de développement de traitement spécifique à cette population.
C’est particulièrement choquant en ce qui concerne les cancers pédiatriques. Cette maladie reste la deuxième cause de mortalité chez l’enfant de plus d’un an en France, après les accidents. Chaque année, plus de 450 enfants et adolescents de 0 à 17 ans décèdent de cette maladie, et près de 6 000 en Europe, soit l’équivalent de 240 classes d’écoles.
De nombreuses associations, telles que la Fédération Grandir Sans Cancer ou Eva pour la vie, agissent pour aider les familles et soutenir la recherche. Mais comme elles le rappellent, le développement de traitements adaptés à l’enfant, notamment face aux situations graves, est insuffisant.
Selon un rapport de la commission au Parlement Européen et au conseil, nommé « État des médicaments pédiatriques dans l’Union – 10 ans du règlement pédiatrique de l’Union », la disponibilité des médicaments destinés aux enfants s’est améliorée dans certains champs thérapeutiques grâce au règlement pédiatrique européen. La rhumatologie ou les maladies infectieuses disposent de nouveaux traitements destinés aux enfants à la suite de l’achèvement de plans d’investigation pédiatriques (PIP) par les industriels du médicament.
Cela dit, ces évolutions positives sont souvent liées aux développements sur le marché des adultes. En effet, le point de départ de la plupart des PIP est un programme de recherche et de développement concernant les adultes, avec des avancées influencées par les potentielles perspectives de revenus. En d’autres termes, si les besoins des adultes ou les attentes du marché coïncident avec les besoins pédiatriques, les enfants en bénéficieront directement.
Cependant, il existe un très grand nombre de maladies qui sont biologiquement différentes chez les adultes et les enfants, où la charge de morbidité diffère, ou qui ne touchent que les enfants. Le développement pédiatrique dépend alors de la décision stratégique d’une entreprise d’investir dans ce domaine indépendamment de tout programme en cours pour les adultes.
Dans les faits, ces recherches sont particulièrement faibles pour les maladies pédiatriques rares, telles que l’oncologie pédiatrique. Depuis 2009, sur 150 médicaments anticancéreux développés pour l’adulte, seuls 16 ont été autorisés pour une indication spécifique de cancer pédiatrique. Mais ils ne concernent que des tumeurs responsables de moins de 4 % des décès par cancer chez les enfants. Sur cette même période, aucun traitement n’a été spécifiquement développé pour les enfants atteints des cancers les plus mortels.
Le règlement pédiatrique européen, qui repose sur des mesures incitatives, a donc autant démontré son efficacité dans les domaines où les besoins des patients adultes et pédiatriques coïncident, que ses limites pour ce qui est des maladies rares et/ou touchant exclusivement les enfants, face auxquelles quasiment aucune grande avancée thérapeutique ne s’est encore concrétisée.
On retrouve cette même réticence des industriels du médicament quant à la recherche et au développement de traitements spécifiquement pédiatriques contre ces pathologies chez les investisseurs qui recherchent un retour sur investissement important, rapide et durable. Développer une « start‑up du médicament pédiatrique » se heurte donc aussi à des freins économiques bien plus importants, et souvent décourageants, que lorsqu’il s’agit du développement visant à développer des traitements à une grande échelle.
Face à cette situation qui de facto, entraîne une criante inégalité des chances, il est nécessaire de créer un fonds d’investissement public visant à permettre le développement de start‑ups françaises du médicament pédiatrique, en priorisant les cancers et les pathologies de mauvais pronostic.
La mise en place d’une telle mesure serait à la fois humaine et cohérente, tant au niveau économique que sanitaire : si à ce jour, il faut attendre « qu’un traitement soit développé pour l’adulte et espérer qu’il ait aussi un effet sur l’enfant », il serait probable que les recherches et traitements développés pour améliorer la santé de l’enfant aient également un impact chez les adultes.
Aux fins de financer cette action,l’article 1erde la présente proposition de loi prévoit la création d’un programme de soutien à l’innovation thérapeutique contre les cancers et les maladies rares de l’enfant. Il serait abondé par une taxe prélevée sur le chiffre d’affaires des laboratoires pharmaceutiques assurant l’exploitation de médicaments remboursés par l’assurance maladie, sur le modèle de celle existant à l’article L. 245‑6 du code de la sécurité sociale. Les fruits de cette taxe propriété de l’État, seraient affectés à un fonds d’investissement dont la gestion serait pilotée par BPI France, banque publique d’investissement française. BPI France se verrait ainsi confier mandat pour le financement et le développement d’entreprises françaises destinées à développer des solutions thérapeutiques contre les cancers, les maladies rares et les maladies orphelines de l’enfant. Cet apport de l’État serait complété par celui d’entreprises du privé et contribuerait au plan de réindustrialisation de la France.
L’article 2prévoit le taux et l’assiette de la contribution. Selon le dernier exercice comptable disponible de la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), les industriels du médicament sont tout d’abord soumis à une contribution dite « de base » au taux de 0,20 %, due par les exploitants de spécialités pharmaceutiques pour le chiffre d’affaires de l’ensemble de leurs médicaments bénéficiant d’un enregistrement, d’une AMM (autorisation de mise sur le marché). Est exclu de l’assiette de cette contribution, sous certaines conditions, le chiffre d’affaires des médicaments génériques, orphelins ou dérivés du sang respectant certains principes. De même, une contribution additionnelle, au taux de 1,6 %, due par les exploitants de spécialités pharmaceutiques pour les seules spécialités pharmaceutiques remboursables et/ou prises en charge par l’Assurance maladie. L’industrie pharmaceutique est aujourd’hui l’un des secteurs clés de l’économie française avec un chiffre d’affaires de 73,3 milliards d’euros en 2023 selon les données du LEEM. Au vu de ce résultat, mettre en place une contribution de 0,15 % dédiée à la mission exposée permettrait de lever plus de 70 millions d’euros par an en faveur de ce fonds d’investissement. Compte tenu des marges nettes réalisées sur les médicaments, cette demande ne mettrait en aucun cas en danger l’industrie pharmaceutique. Il prévoit enfin sous forme d’un rapport remis annuellement par le Gouvernement au Parlement une évaluation fine de l’application de cette mesure
L’article 3 constitue le gage financier assurant la recevabilité de la présente proposition de loi.
Telles sont les principales orientations de la présente proposition de loi qu’il vous est demandé, Mesdames, Messieurs, de bien vouloir adopter.
Agenda et compte-rendus

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Amendements (0)
Groupe
Marie Récalde
AN
|
SOC
Commission de la défense
AuteurRapporteur
Joël Aviragnet
AN
|
SOC
Commission des aff. sociales
Co-signataire
Fabrice Barusseau
AN
|
SOC
Commission dvpt durable et amngmt territoire
Co-signataire
Jean-Pierre Bataille
AN
|
LIOT
Commission des finances
Co-signataire
Karim Benbrahim
AN
|
SOC
Commission des aff. économiques
Co-signataire
Benoît Biteau
AN
|
EcoS
Commission des aff. économiques
Co-signataire
Sylvie Bonnet
AN
|
DR
Commission des aff. sociales
Co-signataire
Ian Boucard
AN
|
DR
Commission des lois
Co-signataire
Mickaël Bouloux
AN
|
SOC
Commission des finances
Co-signataire
Colette Capdevielle
AN
|
SOC
Commission des lois
Co-signataire
Michel Castellani
AN
|
LIOT
Commission des finances
Co-signataire
Paul Christophe
Non renseignée
Co-signataire
Paul-André Colombani
AN
|
LIOT
Commission des aff. sociales
Co-signataire
Pierre Cordier
AN
|
DR
Commission des aff. étrangères
Co-signataire
Mickaël Cosson
AN
|
Dem
Commission dvpt durable et amngmt territoire
Co-signataire
Pierrick Courbon
AN
|
SOC
Commission aff. culturelles et éducation
Co-signataire
Alain David
AN
|
SOC
Commission des aff. étrangères
Co-signataire
Arthur Delaporte
AN
|
SOC
Commission des aff. économiques
Co-signataire
Virginie Duby-Muller
AN
|
DR
Commission aff. culturelles et éducation
Co-signataire
Iñaki Echaniz
AN
|
SOC
Commission des aff. économiques
Co-signataire
Sophie Errante
AN
|
NI
Commission de la défense
Co-signataire
Romain Eskenazi
AN
|
SOC
Commission dvpt durable et amngmt territoire
Co-signataire
Olivier Falorni
Non renseignée
Co-signataire
Olivier Faure
AN
|
SOC
Commission des aff. étrangères
Co-signataire
Denis Fégné
AN
|
SOC
Commission dvpt durable et amngmt territoire
Co-signataire
Martine Froger
AN
|
SOC
Commission des aff. sociales
Co-signataire
Guillaume Garot
AN
|
SOC
Commission de la défense
Co-signataire
Damien Girard
AN
|
EcoS
Commission de la défense
Co-signataire
Océane Godard
AN
|
SOC
Commission des aff. sociales
Co-signataire
Julien Gokel
Non renseignée
Co-signataire
Pascale Got
AN
|
SOC
Commission des aff. étrangères
Co-signataire
Emmanuel Grégoire
Non renseignée
Co-signataire
Jérôme Guedj
AN
|
SOC
Commission des aff. sociales
Co-signataire
Stéphane Hablot
AN
|
SOC
Commission des aff. étrangères
Co-signataire
Ayda Hadizadeh
AN
|
SOC
Commission aff. culturelles et éducation
Co-signataire
Céline Hervieu
AN
|
SOC
Commission aff. culturelles et éducation
Co-signataire
Jean-Michel Jacques
AN
|
EPR
Commission de la défense
Co-signataire
Sandrine Josso
AN
|
Dem
Commission dvpt durable et amngmt territoire
Co-signataire
Chantal Jourdan
AN
|
SOC
Commission dvpt durable et amngmt territoire
Co-signataire
Karine Lebon
AN
|
GDR
Commission des aff. sociales
Co-signataire
Laurent Lhardit
AN
|
SOC
Commission des aff. économiques
Co-signataire
Eric Liégeon
AN
|
DR
Commission dvpt durable et amngmt territoire
Co-signataire
Alexandra Martin (Alpes-Maritimes)
AN
|
DR
Commission de la défense
Co-signataire
Estelle Mercier
AN
|
SOC
Commission des finances
Co-signataire
Paul Molac
AN
|
LIOT
Commission des lois
Co-signataire
Jacques Oberti
AN
|
SOC
Commission des finances
Co-signataire
Laurent Panifous
Gouvernement
Co-signataire
Sophie Panonacle
AN
|
EPR
Commission dvpt durable et amngmt territoire
Co-signataire
Sophie Pantel
AN
|
SOC
Commission des finances
Co-signataire
Marc Pena
AN
|
SOC
Commission des lois
Co-signataire
Maud Petit
AN
|
Dem
Commission des aff. étrangères
Co-signataire
Anna Pic
AN
|
SOC
Commission de la défense
Co-signataire
Christine Pirès Beaune
AN
|
SOC
Commission des finances
Co-signataire
Dominique Potier
AN
|
SOC
Commission des aff. économiques
Co-signataire
Pierre Pribetich
AN
|
SOC
Commission des aff. étrangères
Co-signataire
Christophe Proença
AN
|
SOC
Commission aff. culturelles et éducation
Co-signataire
Jean-Claude Raux
AN
|
EcoS
Commission aff. culturelles et éducation
Co-signataire
Mereana Reid Arbelot
AN
|
GDR
Commission de la défense
Co-signataire
Marie-Pierre Rixain
AN
|
EPR
Commission de la défense
Co-signataire
Valérie Rossi
AN
|
SOC
Commission des aff. économiques
Co-signataire
Claudia Rouaux
AN
|
SOC
Commission aff. culturelles et éducation
Co-signataire
Fabrice Roussel
AN
|
SOC
Commission dvpt durable et amngmt territoire
Co-signataire
François Ruffin
AN
|
EcoS
Commission des aff. économiques
Co-signataire
Sandrine Runel
AN
|
SOC
Commission des aff. sociales
Co-signataire
Sébastien Saint-Pasteur
AN
|
SOC
Commission de la défense
Co-signataire
Isabelle Santiago
AN
|
SOC
Commission de la défense
Co-signataire
Hervé Saulignac
AN
|
SOC
Commission des lois
Co-signataire
Arnaud Simion
AN
|
SOC
Commission des aff. sociales
Co-signataire
Danielle Simonnet
AN
|
EcoS
Commission des aff. sociales
Co-signataire
Thierry Sother
AN
|
SOC
Commission de la défense
Co-signataire
David Taupiac
AN
|
LIOT
Commission des aff. économiques
Co-signataire
Céline Thiébault-Martinez
AN
|
SOC
Commission des lois
Co-signataire
Vincent Thiébaut
AN
|
HOR
Commission dvpt durable et amngmt territoire
Co-signataire
Mélanie Thomin
AN
|
SOC
Commission des aff. économiques
Co-signataire
Boris Vallaud
AN
|
SOC
Commission de la défense
Co-signataire
Frédéric Valletoux
AN
|
HOR
Commission des aff. sociales
Co-signataire
Stéphane Viry
AN
|
LIOT
Commission des aff. sociales
Co-signataire
Tous
jj/mm/aaaa
jj/mm/aaaa
Tous
Tous
Tous
