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Résolution
Suspendre les négociations entre l'Union européenne et l'Algérie et remettre en cause l’Accord euro-méditerranéen de 2005 établissant une association entre la Communauté européenne et ses États membres et la République Algérienne démocratique et populaire
Texte retiré
Commission
AN
Commission des aff. européennes
Dates
Dépôt:Lundi 17 février 2025
Dernière activité:Mercredi 5 mars 2025
Députés investis
Bancs des ministresBancs des commissions
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17ème législature

Dépôt du texte

Assemblée
February 17, 2025

Lecture unique

Assemblée
February 17, 2025
En cours
Examen en commission
AN · Affaires européennes
Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

L’Accord d’association de 2005 entre l’Union européenne et l’Algérie devait initialement favoriser une coopération équilibrée et mutuellement bénéfique. Cette entente, souhaitée et souhaitable, portait l’espoir d’asseoir l’Algérie comme une force régionale stabilisatrice et un partenaire de confiance pour les États‑membres de l’Union européenne. Cependant, force est de constater que les résultats escomptés ne sont pas au rendez‑vous.

Loin d’être une force de consolidation régionale, l’Algérie mène une politique déstabilisatrice compromettant la sécurité des États‑membres de l’Union européenne, notamment en menant des actions qui encouragent le chaos migratoire et indirectement le terrorisme sur le sol européen. À ce titre, la suspension de l’accord de coopération sécuritaire entre la France et l’Algérie à l’été 2023 conduit à une augmentation du risque terroriste. Sans compter la politique algérienne de refus de délivrance de visas en infraction patente de l’article 90 de l’Accord d’association de 2005 portant sur la lutte antiterroriste.

L’article 2 de l’Accord précise que « le respect des principes démocratiques et des droits fondamentaux de l’Homme, tels qu’énoncés dans la déclaration universelle des droits de l’Homme, inspire les politiques internes et internationales des parties et constitue un élément essentiel du présent Accord ». Pourtant, la situation en Algérie est tout à fait contraire à cette affirmation car, les atteintes à la liberté d’expression, les pressions exercées sur les intellectuels et les artistes, ainsi que les persécutions politiques existent.

L’incarcération arbitraire de Boualem Sansal, écrivain franco‑algérien de renommée internationale, systématiquement censuré pour ses prises de position critiques à l’égard du régime algérien, illustre cette restriction des libertés. Cette dérive autoritaire de dirigeants du pays est régulièrement dénoncée par la population algérienne comme elle a souhaité le faire en février 2024 à l’occasion du cinquième anniversaire du Hirak, mouvement de contestation populaire en Algérie débuté en 2019. Ce mouvement, dont la répression est documentée dans des rapports d’Amnesty International et Human Right Watch, défendait une transition démocratique sans intervention militaire, un retour à l’État de droit et la fin de la corruption. De nombreux protestataires, politiciens, défenseurs des droits humains et journalistes ont été arrêtés et poursuivis en justice, certains ayant été condamnés à des années de prison, souvent pour des chefs d’accusation relatifs à l’expression d’opinions, tandis que des partis politiques étaient dissous.

La politique de déstabilisation menée par l’Algérie se retrouve également dans son soutien au Front Polisario depuis 1975, en lui fournissant des armes, des formations, une aide financière et de la nourriture. 

L’Algérie viole également le droit international en refusant de coopérer pleinement avec ses partenaires européens sur des questions cruciales telles que la lutte contre les trafics illégaux, notamment le trafic des drogues. Cette posture négative constitue une entrave directe aux efforts de l’Union européenne dans le cadre de la lutte contre la criminalité organisée et du blanchiment d’argent contrevenant ainsi aux articles 86 et 87 de l’Accord d’association de 2005.

L’Algérie est encore défaillante sur le plan de la coopération migratoire, y compris concernant le retour de ses propres citoyens. Le cas de « l’influenceur » Doualemn est ainsi l’illustration flagrante d’une violation de l’article 84 de l’Accord d’association avec l’Union européenne de 2005. Le refus d’entrée dans son propre pays pour contrecarrer la décision d’expulsion du territoire français, pour incitation à la haine et apologie du terrorisme, est, par ailleurs, une violation du droit international.

Les dispositions de la proposition de résolution européenne présentée ici sont de nature à rétablir une relation équilibrée avec l’Algérie, qui devra nécessairement se fonder sur un principe de réciprocité, pour le moment inexistant, dans de nombreux domaines.

En effet, les engagements pour la liberté des échanges économiques et commerciaux pris par l’Algérie dans le cadre de cet accord n’ont pas davantage été respectés avec la levée des barrières douanières par l’Union européenne, tandis que celles de l’Algérie ont été largement maintenues sur les secteurs qu’elle estime stratégiques. A titre d’exemple, l’Algérie n’hésite pas à utiliser la certification halal, comme dispositif protectionniste déguisé, visant à renchérir le prix de denrées alimentaires européennes.

L’Algérie mène une politique concurrentielle déloyale ciblant spécifiquement les entreprises françaises et européennes à des fins de représailles diplomatiques, notamment par l’arrêt des importations de blé français ou le gel de projets industriels communs.

L’Union européenne ne peut demeurer la seule partie de l’Accord de 2005 avec l’Algérie s’engageant réellement à l’application dudit Accord. En l’état, les intérêts des États‑membres, et particulièrement ceux de la France sont en danger.

Cette résolution vise ainsi à suspendre les négociations d’un nouvel accord en cours et à remettre en cause l’Accord de 2005 pour restaurer une relation fondée sur le respect mutuel et la réciprocité.

Agenda et compte-rendus
Terminé

Nomination rapporteur

Audition de M. Enrico Letta, président de l’institut Jacques Delors, ancien président du conseil italien, sur les conclusions de son rapport au Conseil européen sur l’avenir du marché intérieur ; nomination de rapporteurs sur les propositions de résolution européennes : de Mme Constance Le Grip et plusieurs de ses collègues visant à une coopération européenne renforcée contre l’antisémitisme et la haine anti juive (n°858) ; de M. Guillaume Bigot et plusieurs de ses collègues relative à la suspension temporaire du Pacte vert européen (n°975) ; de Mme Manon Bouquin et plusieurs de ses collègues visant à suspendre les négociations entre l'Union européenne et l'Algérie et à remettre en cause l’Accord euro-méditerranéen de 2005 établissant une association entre la Communauté européenne et ses États membres, d’une part, et la République Algérienne démocratique et populaire, d’autre part (n°970).

Texte

Proposition de résolution européenne visant à suspendre les négociations entre l'Union européenne et l'Algérie et à remettre en cause l’Accord euro-méditerranéen de 2005 établissant une association entre la Communauté européenne et ses États membres, d’une part, et la République Algérienne démocratique et populaire, d’autre part

Article unique
2

Vu l’article 151‑5 du Règlement de l’Assemblée nationale,

3
Vu le traité sur l’Union européenne, notamment ses articles 3 et 21,
4
Vu l’Accord d’association entre l’Union européenne et la République algérienne démocratique et populaire, signé à Valence le 22 avril 2002, entré en vigueur le 1er septembre 2005,
5
Vu l’article 56 de la Convention de Vienne sur le droit des traités de 1969,
6
Vu l’article 218 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,
7
Considérant que les relations entre l’Union européenne et ses partenaires doivent être fondées sur la réciprocité, des principes partagés et une coopération mutuellement bénéfique ;
8
Considérant que les conditions économiques prévues par l’Accord d’association de 2005 ont créé des distorsions de concurrence préjudiciables aux entreprises françaises et européennes ;
9
Considérant les violations répétées des engagements pris par l’Algérie dans le cadre de l’Accord d’association de 2005, notamment en matière de liberté d’entreprise et de protection des investissements européens ;
10
Considérant que l’Algérie ne respecte pas les droits de l’Homme, notamment par des atteintes graves à la liberté d’expression, largement documentées dans des rapports d’Amnesty International et Human Right Watch ;
11
Considérant la répression par le régime du mouvement citoyen Hirak appelant à des réformes en faveur de l’état de droit, de la fin de la corruption et d’une transition démocratique sans intervention armée ;
12
Considérant l’emprisonnement arbitraire de l’écrivain français Boualem Sansal ;
13
Considérant que l’Algérie viole le droit international et les dispositions de l’Accord d’association de 2005 en empêchant l’entrée sur son territoire de ses citoyens frappés d’obligation de quitter le territoire ;
14
Considérant l’opacité de la gouvernance algérienne et la prégnance de la corruption, la persistance de trafics illégaux, notamment le trafic de drogues, ainsi que la coopération insuffisante des autorités algériennes en matière de sécurité et de lutte contre l’économie souterraine illégale ;
15
Considérant que l’hostilité envers la France est devenue un dogme de la politique intérieure et extérieure du gouvernement algérien, construit sur la prétendue oppression française responsable de tous les désordres aujourd’hui subis par l’Algérie malgré 62 ans d’indépendance ;
16
Appelle le Gouvernement à demander formellement à la Commission européenne de suspendre les négociations commerciales et politiques en cours avec l’Algérie, tant que des garanties concrètes et mesurables en matière de respect des engagements pris ne seront pas apportées ;
17
Invite le Gouvernement et la Commission européenne à engager une révision approfondie, ou la suppression, de l’Accord d’association de 2005 afin de rétablir un équilibre commercial et économique favorable aux intérêts français et européens ;
18
Invite le Gouvernement et la Commission européenne à soutenir une politique commerciale extérieure qui valorise les partenariats respectueux des intérêts États‑membres ;
19
Invite le Gouvernement et la Commission européenne à demander aux autorités algériennes le strict respect du droit international, quant à la réadmission des ressortissants algériens présents illégalement sur le territoire français ou d’un pays membre de l’Union européenne, tel que mentionné à l’article 84 de l’Accord d’association de 2005 entre l’Union européenne et la République algérienne démocratique et populaire ;
20
Invite le Gouvernement et la Commission européenne à exiger une coopération accrue de l’Algérie dans la lutte contre les trafics illégaux et les menaces sécuritaires pesant sur les États‑membres de l’Union européenne ;
21
Invite le Gouvernement et la Commission européenne à encourager l’utilisation de moyens de négociation progressifs par l’Union européenne et ses États membres pour inciter l’Algérie à respecter ses engagements au travers des mesures suivantes :
22
– La suspension temporaire de la délivrance de visas aux ressortissants algériens ;
23
– Le contrôle systématique des quelques 360.000 bénéficiaires du régime de retraites français qui résident en Algérie ainsi que des bénéficiaires de la sécurité sociale et des aides de la caisse d’allocations familiales pour lutter contre la fraude sociale, préjudiciable à l’économie française et aux économies de l’Union européenne ;
24
– Le gel des avoirs de personnalités algériennes sur le territoire français et européen ;
25
– L’interruption des transferts de fonds vers l’Algérie depuis la France et l’Union européenne ;
26
– L’arrêt de la prise en charge par les hôpitaux français des Algériens venus se faire soigner en France sans s’être acquittés du règlement des factures de soins, au demeurant très élevées ;
27
– L’assurance d’un enseignement de l’histoire coloniale dans les écoles et universités algériennes dans une optique de véritable conciliation et de traitement équilibré de l’Histoire ;
28
Appelle le Gouvernement à demander l’abrogation de l’article 68 de l’Accord d’association de 2005 offrant des garanties sociales trop avantageuses pour les travailleurs algériens, sans réciprocité ;
29
Appelle le Gouvernement à demander l’application et la révision de l’article 84 de l’Accord d’association de 2005 afin d’y ajouter des clauses contraignantes pour la réadmission des ressortissants présents illégalement sur le territoire de l’autre partie ;
30
Appelle le Gouvernement à demander la révision de l’article 85 de l’Accord d’association de 2005 afin d’y ajouter des clauses contraignantes relatives à la coopération judiciaire et au renforcement des dispositifs en matière d’extradition ;
31
Appelle le Gouvernement à demander la révision de l’article 93 de l’Accord d’association de 2005 afin de limiter le rôle décisionnel du Conseil d’association au profit d’accords bilatéraux spécifiques entre États‑membres et l’Algérie.
Amendements (0)

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