Logo
Assemblée
Proposition de loi
Abaisser la majorité pénale à 16 ans
Déposé
Commission
AN
Commission des lois
Dates
Dépôt:Mardi 15 octobre 2024
Dernière activité:Mardi 15 octobre 2024
Députés investis
Bancs des ministresBancs des commissions
Principaux participants
Lionel Tivoli's profile picture
Lionel Tivoli
AN
|
RN
Hervé de Lépinau's profile picture
Hervé de Lépinau
AN
|
RN
Nicolas Meizonnet's profile picture
Nicolas Meizonnet
AN
|
RN
Sébastien Chenu's profile picture
Sébastien Chenu
AN
|
RN
Emmanuel Blairy's profile picture
Emmanuel Blairy
AN
|
RN
Bruno Bilde's profile picture
Bruno Bilde
AN
|
RN
Marie-France Lorho's profile picture
Marie-France Lorho
AN
|
RN
Christian Girard's profile picture
Christian Girard
AN
|
RN
17ème législature

Dépôt du texte

Assemblée
October 15, 2024

1ère lecture

Assemblée
October 15, 2024
En cours
Examen en commission
AN · Lois
Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

La surreprésentation de la délinquance chez les mineurs révèle l’impuissance de l’État et de sa politique pénale en matière de sécurité. Depuis plusieurs années maintenant, la délinquance s’est amplifiée chez les plus jeunes générations avec un niveau de violence toujours plus élevé pour des individus d’un âge toujours plus bas.

Les émeutes de ce début d’été 2023 sont la parfaite illustration de ce phénomène. La moyenne d’âge des interpellés était, selon le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin, comprise entre 17 et 18 ans, soit en‑dessous du seuil de la majorité pénale, et 40 % d’entre eux disposaient déjà d’un casier judiciaire ([1]) parfois très rempli. Ces délinquants, qui avaient dans la quasi‑totalité des cas pleinement conscience de leurs actes, bénéficieront pourtant de la cause d’atténuation de responsabilité due à la minorité, ce qui de facto aboutira à une diminution des peines prononcées à leur encontre.

Le rapport d’information sénatorial intitulé « Prévenir la délinquance des mineurs – éviter la récidive » ([2]) paru en septembre 2021, rappelle qu’entre 2016 et 2019, le ministère de l’intérieur constatait déjà une surreprésentation des mineurs dans la commission de certaines infractions.

En 2021, alors qu’ils ne représentaient que 21 % de la population, la part des délits dont ils étaient reconnus responsables atteignait des records : 46 % des violences sexuelles sur mineurs, 40 % des vols violents ou encore 30 % des coups et blessures volontaires sur mineurs de 15 ans ([3]). La même année, les mineurs de 13 à 17 ans, alors qu’ils représentaient seulement 6 % de la population française, figuraient à hauteur de 20 % parmi les mis en cause pour trafic de stupéfiants.

Les sanctions trop timides appliquées ne suffisent pas à ramener les plus jeunes dans le droit chemin, ainsi qu’en atteste le taux de récidive de 50 %.

Si le code de la justice pénale des mineurs prévoit que les individus âgés de plus de seize ans peuvent être assimilés à des majeurs sur le plan des peines encourues, il s’agit là d’une simple exception. Dans la très grande majorité des cas, les jeunes délinquants bénéficient du régime d’atténuation de la peine, qui ne les expose qu’à des peines diminuées de moitié par rapport à celles applicables aux majeurs. Il arrive en outre trop souvent que le juge se borne à prononcer de simples mesures éducatives à leur égard.

Un tel régime s’avère trop souvent non dissuasif et permet aux mineurs de s’enfoncer dans la délinquance puis dans la criminalité.

La conception actuelle de la justice pénale des mineurs n’apparaît ainsi plus adaptée à notre société. Une réforme plus stricte en matière de justice pénale est par conséquent nécessaire.

Pour les actes qui relèvent du code pénal, la responsabilité pénale des délinquants entre 16 et 18 ans doit être alignée sur celle des majeurs. Cet âge semble raisonnable au regard de la maturité des individus concernés, étant souligné que, dans tous les cas, le principe d’individualisation de la peine permettra au juge de prendre en compte la diversité des situations qui lui sont soumises.

Tel est l’objet de cette proposition de loi.

([1]) https://www.bfmtv.com/politique/profil-des-interpelles-lors-des-emeutes-la-moyenne-d-age-est-entre-17-et-18-ans-et-60-n-ont-pas-de-casier-judiciaire-indique-gerald-darmanin_VN-202307050596.html

([2])  https://www.senat.fr/rap/r21-885/r21-885-syn.pdf

([3])  https://www.senat.fr/rap/r21-885/r21-885-syn.pdf

Agenda et compte-rendus

Aucune réunion prévue pour le moment

pour être informé dès qu'une réunion est programmée
Texte

Proposition de loi visant à abaisser la majorité pénale à 16 ans

Article unique
1

I – À l’article 122‑8 du code pénal, après la première occurrence du mot : « mineurs », sont insérés les mots : « de seize ans » ;

2

II. – Le code de la justice pénale des mineurs est ainsi modifié :

3
1° À l’article préliminaire, après le mot : « mineurs », sont insérés les mots : « de seize ans » ;
4

2° À l’article L. 11‑5, après le mot : « mineurs », sont insérés les mots : « de seize ans » ;

5

3° L’article L. 121‑5 est ainsi modifié :

6
a) Le premier alinéa est complété par les mots : « à l’égard des mineurs de seize ans » ;
7
b) Le dernier alinéa est complété par les mots : « de seize ans » ;
8

4° À l’article L. 121‑6, après le mot : « mineur », sont insérés les mots : « de seize ans » ;

9

5° L’article L. 121‑7 est abrogé.

Amendements (0)

Aucun amendement n’a été déposé pour ce texte

pour être informé dès qu’un amendement est déposé.